Le pacte républicain

Publié le par Vincent Sévigné

Les sondages sont sans appel : monsieur Macron va obtenir la majorité absolue à l'Assemblée Nationale. Au moins, la situation sera claire : s'il échoue, il en sera le principal responsable.

 

Il reste tout de même une question pour les états-majors : faut-il appliquer le pacte républicain, c'est-à-dire, en cas de triangulaire, le désistement au profit du mieux placé pour battre les extrêmes ?

 

Je comprends fort bien cette stratégie quand il s'agit de l'élection du Président de la République. Je regrette qu'elle ait été utilisée pour les conseils régionaux : il me semblait préférable de confier la direction d'une ou deux régions au Front National pour le tester et le préparer à assumer sa part de responsabilité.

 

Je pense que cette stratégie sera, ou serait, une erreur pour l'élection des députés. La règle électorale actuelle prive les extrêmes d'une représentation légitime ; il me semble donc malsain d'en rajouter par un comportement qui, sur le fond, est assez peu démocratique. En simplifiant, les extrêmes, de droite et de gauche, correspondent à 40% des électeurs : il serait dangereux de ne pas leur accorder de représentants dans l'hémicycle.

 

J'espère que monsieur Macron réussira, peu ou prou, même si je suis convaincu du contraire ; mais on ne peut pas exclure l'hypothèse de son échec : personne ne sait pour qui il roule vraiment et ce qu'il va faire. Or, la colère des pauvres, des faibles, est profonde. Si, de plus, on écrase les classes moyennes au profit des apparatchiks et du grand capital, la révolte peut se transformer en tsunami : la France n'est pas la Grèce ! Si, en prime, il n'y a pas d'élus pour représenter cette contestation, le pire est à craindre.

 

J'exagère ? Les causes profondes du terrorisme, l'imigration massive, les travailleurs détachés, les normes débiles imposées par la Commission européenne, les exigences archaïques des syndicats, la dette abyssale, la vente de tous nos savoir-faire au profit des « investisseurs » étrangers : avec, comme corollaires, la perte de compétitivité, le chômage, la balance commerciale déficitaire. Dans tous ces domaines, est-ce que vous savez vraiment ce que veut faire notre nouveau Président ? Moi, non !

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