Macron : le roi de la com'

Publié le par Vincent Sévigné

Incontestablement, Macron reste le roi de la com' ; il a déjà réussi à rencontrer tous les puissants de la planète et les médias, presque unanimes, nous ont assuré qu'il était à leur niveau ; spectateur, comme il se doit, de la finale du Top 14, il a pris le temps de saluer, un à un, les joueurs et les arbitres, et France 2 s'est longuement attardé sur ce moment d'émotion ; il a su trouver des mots justes pour demander un renforcement de la coopération en matière de renseignement contre le terrorisme. Tout cela est évidemment très positif ; mais la com' ne suffit pas : au bout d'un an ou deux, ce qui compte, ce sont les actes et les résultats.

 

Il me semble utile, avant les législatives, de revenir sur le cas Bayrou et sa « loi de moralisation » en politique. Interdire plus de trois mandats successifs : pourquoi ? Quel intérêt ? Est-ce que l'on vire un chef d'entreprise quand celui-ci a bien géré son affaire ?

 

On sait très bien que l'épouse est la meilleure collaboratrice si elle en a le goût et la disponibilité : pouvoir l'employer comme attachée parlementaire devrait être un droit reconnu, éventuellement réglementé. Ce sont ses proches que l'on connaît le mieux : on sait donc quelles responsabilités on peut leur confier. Sur ce point, la loi Bayou est donc une loi de complaisance pour satisfaire le Dracula médiatique. Avec un corollaire qui ne déplaira pas à tous : il sera plus facile d'embaucher sa maîtresse que sa « régulière ».

 

Demander aux députés de justifier leurs dépenses « de fonctionnement » est, évidemment, le minimum du minimum exigible : cela se fait partout. L'instance de vérification sera-t-elle indépendante ? Rappelons, au passage, que François Fillon aurait très bien pu se faire payer ses costumes sur ses frais de fonctionnement : c'est parfaitement légal et tout le monde le fait.

 

Cela veut-il dire que je me fais l'avocat de monsieur Fillon ? Non ; en se défendant maladroitement, celui-ci a montré qu'il manquait de bon sens et de sang-froid, deux qualités primordiales pour un Président de la République. Et ses réactions récentes critiquant le Sens Commun me confortent dans cette analyse, alors que je n'ai aucune empathie particulière pour cet avatar de la Manif pour tous.

 

C'est la loi de monsieur Bayrou que je conteste. Faudra-t-il la voter ? Oui, probablement, mais en sachant qu'elle ne s'attaque pas aux vrais problèmes, qui sont immenses. Elle ne s'attaque même pas aux véritables maux liés à la moralisation ; le cas Richard Ferrand en est un exemple emblématique : la fragilité des mutuelles face aux rapaces syndicaux ou politiciens est un phénomène qui a souvent défrayé la chronique.

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