La France orpheline

Publié le par Vincent Sévigné

Le premier enseignement de cette élection est la stupéfiante solidité de la Constiution mise en place par le général de Gaulle : avec 17% des inscrits, monsieur Macron va avoir la majorité absolue à l'Assemblée Nationale. Mais cette constatation ne doit pas en occulter une autre : la moitié de la France est orpheline et ne sera pas représentée dans la susdite assemblée.

 

Habituellement, les « têtes de série » sont élues dès le premier tour, ce qui assure une certaine stabilité à la représentation nationale ; cette fois-ci, il n'y en a (presque) pas. La plupart des candidats soutenus par monsieur Macron seront élus « par défaut », c'est-à-dire faute d'adversaire crédible.

 

La France insoumise est la seule à résister au tsunami, mais certaines des propositions de monsieur Mélenchon sont beaucoup trop extrémistes pour avoir le soutien du peuple français : Jean-Luc Mélenchon peut-il s'adapter, et son électorat suivra-t-il une telle évolution ?

 

Benoît Hamon et Jean-Christophe Cambadélis, les « chefs » des socialistes, sont éliminés dès le premier tour : c'est plus qu'un symbole.

 

La droite classique a perdu ses deux leaders naturels, Alain Juppé et François Fillon ; on ne voit pas qui peut les remplacer ; et, ce qui est plus grave, elle est incapable de trouver un créneau entre En Marche et le Front National.

 

Mais, c'est pour celui-ci que la défaite est la plus sévère ; Marine Le Pen paie cash sa prestation déplorable entre les deux tours de la présidentielle ; sa base électorale, habituellement d'une solidité exemplaire, s'est effritée.

Faut-il, pour autant, l'enterrer ? Je ne pense pas. D'une part, elle est la seule des leaders de son camp à pouvoir espérer l'onction du peuple. D'autre part, elle reste le seul rempart contre les fléaux qui inquiètent le petit peuple : l'immigration massive, l'insécurité, l'afflux des travailleurs détachés, l'acceptation des contraintes débiles imposées par l'Union Européenne, la vente de la France aux « investisseurs » étrangers, la soumission aux exigences surannées des syndicats, la voracité des multinationales, etc. François Miterrand avait une collection de casseroles bien plus alarmantes qu'une simple défaillance lors d'un débat : il a tout de même été quatorze ans Président de la République Française.

 

L'avenir de Marine, et des autres, dépend de la réponse à la question essentielle : que va faire Emmanuel Macron ? Inch'Allah !

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