Trump et Xi Jinping : un nouveau Yalta

Publié le par Vincent Sévigné

Contrairement à beaucoup d’observateurs, je pense que la stratégie de Donald Trump est d’une remarquable stabilité, à l’opposé des atermoiements de Barack Obama. Sa ligne directrice est limpide : America first. Et il a le bon sens d’accepter son corollaire : China first quand on est Xi Jinping.

 

Certes, certaines petites phrases peuvent surprendre, mais elles relèvent de la seule mise en scène. Le voyage de monsieur Trump en Chine est un modèle du genre. L’accueil a été somptueux : une façon de faire savoir au président des États-Unis que celui de la Chine le considérait comme l’interlocuteur privilégié. Et Donald Trump, certainement flatté, n’a pas manqué de saluer cette magnificence chinoise par un tweet chaleureux.

 

Selon moi, cette rencontre des deux « grands chefs » est quasiment un nouveau Yalta. Donald Trump a dit clairement aux dirigeants de l’Extrême Orient qu’ils devaient accepter leur sort. Tout en poursuivant son expansionnisme commercial, la Chine tolère, pour ne pas dire plus, les incartades de la Corée du Nord. Elle s’installe militairement sur une myriade d’îles, qui appartiennent historiquement au Vietnam, pour bien montrer que cette eau salée est une « mare nostrum » chinoise. Etc.

 

En échange, le président chinois a compris ce que souhaite le président américain : des contrats pharamineux, un protectionnisme qui pourrait aller jusqu’à taxer certains produits chinois, un léger rééquilibrage de la balance des paiements par une relance de l’offre en Chine, etc.

 

Que faut-il en penser pour la France ? Si on parle de la France macronite, entravée par le carcan européen, c’est évidemment une catastrophe. Dans un premier temps, l’Allemagne s’en sortira mais, selon moi, cela ne durera pas plus d’une ou deux décennies. Par contre, la France va accentuer sa plongée dans l’abîme : paupérisation accélérée, déficit commercial et donc augmentation de la dette, raréfaction des emplois pour peu diplômés ce qui induit une angoisse collective de plus en plus prégnante, inconscience des apparatchiks qui prétendent qu’ils font des économies alors que les chiffres prouvent l’inverse, etc.

 

Et, par dessus tout, refus idéologique de procéder à un petit minimum de protectionnisme. Et le pire, car c’est bien là le pire, est que, fort probablement, les deux « grands chefs » sont prêts à tolérer une meilleure défense de la part des pays européens. Incorrigible optimiste, j’ose tout de même espérer que ce nouveau Yalta va dessiller les yeux de quelques dirigeants en quête de pouvoir.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article