Richard Ferrand et le harcèlement sexuel

Publié le par Vincent Sévigné

Le 13 octobre, France 2 nous a révélé que la justice avait classé l’affaire Richard Ferrand sans suite ; cette décision est certainement légitime ; pour monsieur Macron, c’est une bonne nouvelle ; les anciens fans de François Fillon vont se demander si ce dernier était plus condamnable ; à tort ou à raison, une partie de la France d’en bas, dont je suis, va avoir encore un peu moins confiance dans la justice de son pays.

Le hasard fait que, en écho à l’affaire Harvey Weinstein, France 2 a choisi ce même jour pour braquer ses projecteurs sur Marlène Schiappa, secrétaire d’État à l’égalité hommes-femmes. Ce nouveau Don Quichotte annonce un groupe de travail pour pénaliser le harcèlement sexuel : elle n’a pas su, ou pas pu, ou pas voulu, nous dire si ses crédits avaient augmenté. Or, les chiffres sont terrifiants : pour mille plaintes, moins d’une centaine aboutissent à une condamnation. De plus, et surtout, 95 % des femmes qui ont porté plainte pour harcèlement au travail ont été licenciées dans l’année qui suit. Certain média affirme que, dans le monde, une femme sur deux est victime de harcèlement sexuel au travail : même si ce chiffre est un peu exagéré, il donne une idée de l’ampleur du problème. Qui peut croire un seul instant que la justice française condamnera, un jour, un puissant mis en cause par une femme de ménage.

Le hasard, encore lui : ce même jour, on a appris que des étudiants en kiné avaient eu l’idée lumineuse d’intituler leur prochaine rencontre : soirée DSK (Dirty Sexy Kiné) ; certes, le tollé a été rapide et vigoureux ; certes la rencontre a été débaptisée ; mais cette anecdote montre bien que, pour beaucoup, le harcèlement sexuel doit être traité avec humour.

Enfin, certains médias nous ont remis en mémoire un mari violent, assassin de sa propre femme ; or, ce criminel fait la une, plutôt favorable, de certains magasines ; certes, « il a payé sa dette ».

Il n’est pas utile de laisser trop longtemps des coupables en prison ; pour autant, pour les victimes et leurs proches, il y a des fautes dont les dégâts sont irréparables ; cela aussi, il serait bon de le rappeler et d’en tirer les conséquences. Madame Schiappa, bon courage !

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