Marine, continue

Publié le par Vincent Sévigné

Si vous détestez Marine Le Pen, ne lisez pas ce billet : il va faire monter votre tension. Jeudi soir, sur France 2, j’ai retrouvé la vraie Marine, posée et sachant tolérer la mauvaise foi de ses contradicteurs, même quand ceux-ci, tel Gérard Darmanin, passent leur temps à l’interrompre et à changer de sujet au lieu d’aller au fond de l’échange.

De plus, et surtout, je suis d’accord avec presque tout ce qu’elle a dit. Sur les points fondamentaux d’abord. Il est clair que la politique de monsieur Macron vise à déstabiliser la société française en sapant l’un des fondements de la Nation française : la bourgeoisie « père de famille » dont on taxe les biens immobiliers alors que l’on exonère les spéculateurs. Or, de plus en plus d’économistes s’inquiètent de l’instabilité de ce monde dirigé par la finance.

De même, madame Le Pen prône une Europe des peuples alors que notre Président est à fond pour la Commission de Bruxelles qui est au service du grand capital. Madame Le Pen a bien compris que sortir de l’Europe n’est pas la bonne solution, le Brexit en est une illustration convaincante. Ce qu’il faut, c’est engager un bras de fer et reprendre, pas à pas, notre indépendance, en sachant que beaucoup d’autres peuples européens commencent à percevoir cette nécessité.

Madame Le Pen est la seule responsable politique de haut rang à oser « révéler » que beaucoup de terroristes le sont au nom de l’Islam et que, dénoncer cette forfaiture, c’est défendre les véritables musulmans. Je pense, comme elle, que les djihadistes français arrêtés en Syrie doivent être jugés pas les Syriens, même s’ils risquent la peine de mort. Je crois que la nationalité française, qui est un privilège considérable, ne doit pas être accordée à un jeune de 18 ans au casier judiciaire chargé.

Laurence Parisot m’a semblé ridicule. Christophe Prudhomme ne valait pas mieux. En ce qui concerne les vaccins obligatoires, je vais encore plus loin que madame Le Pen ; avant d’imposer un vaccin contre l’hépatite B, il ne suffit pas d’une campagne d’explications ; il faut un moratoire sérieux et contradictoire portant sur les risques de ce vaccin. Le hasard fait que je connais, directement, plusieurs personnes qui sont persuadées, à tort ou à raison, que ce vaccin a produit des effets analogues à la sclérose en plaques. Dans le domaine de la santé, il est important d’avoir un peu de mémoire. Il fut un temps, autour de 1960, où la quasi-totalité des gynécologues pensaient que le distilbène était sans danger ; heureusement, il coûtait peu cher et aucun laboratoire n’a fait de lobbying à son sujet ; sinon, un ministre aurait été capable d’imposer son utilisation systématique pour les femmes enceintes, puisque, tel un vaccin, il était « sans le moindre risque » et parfois bénéfique ; si tel avait été le cas, une génération de Françaises, sinon plusieurs – car cela passe parfois à la deuxième génération, pourrait avoir des utérus typiques du distilbène avec les conséquences catastrophiques que cela peut impliquer.

L’argumentation de Bernard Rougier est passablement éculée : la montée de l’islamisme radical est, en grande partie, due au FN ; celui qui dénonce le scandale est responsable du scandale.

Madame Le Pen a bien fait de reconnaître que son débat contre monsieur Macron fut un échec et d’en endosser la responsabilité.

Alors, est-ce que je suis un « fan de Marine » ? Non, je tiens trop à mon indépendance pour cela. Par contre, je pense que son rôle dans l’échiquier politique français est indispensable car elle est la seule à dire certaines vérités et son argumentation, axée sur le nationalisme, est à l’opposé de celle de monsieur Mélenchon, de type « révolution prolétarienne » favorable aux migrants.

Il est vrai que la mèche de cheveux et le projet politique de madame Le Pen sont encore trop flottants : affaire à suivre.

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