Sur la GPA

Publié le par Vincent Sévigné

Lors de mes précédents billets, j'ai fait part de mon désaccord avec la GPA. J'ai reçu plusieurs commentaires sincères et émouvants. Je dois avouer que j'ai un peu modifié mon point de vue.

 

Je précise d'abord quelles sont mes réticences. Je prends l'exemple d'un enfant né par GPA qui connaît une violente crise d'adolescence. Il n'y aura pas plus de telles réactions chez de tels enfants mais pas moins non plus. Inévitablement, cet ado va penser à sa mère porteuse. Pourquoi a-t-il été séparé de celle qui l'a porté pendant neuf mois ? Et cette séparation a été programmée avant même sa naissance. Son rejet de ses parents « adoptifs » risque d'être violent et irréversible. C'est un sujet sur lequel mon histoire personnelle m'a sensibilisé et, peut-être, a un peu biaisé mon jugement.

 

Dans les témoignages précités, la mère porteuse jouit d'un profond respect, d'une réelle estime : ce point me semble crucial. Selon moi, il faut que l'enfant « connaisse » sa mère porteuse, au moins en photo. Il est indispensable que celle-ci soit « reconnue » comme un élément essentiel de sa construction. Il faut qu'il sache que ce recours n'est pas une commodité technique mais une nécessté incontournable qui lui a offert des parents affectueux et disponibles.

 

Tout ordre moral induit un minimum de règles juridiques. Le statut de la mère porteuse reste à inventer. Selon moi, si on veut avancer, c'est dans cette direction qu'il faut réfléchir et échanger. Exiger l'autorisation de la PMA sans condition, comme cela se fait dans de nombreux pays, ne me semble pas une démarche d'apaisement.

 

Merci encore pour vos commentaires.

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