Multinationales et paradis fiscaux

Publié le par Vincent Sévigné

Enfin ! Il semble que la lutte contre les paradis fiscaux commence à être efficace ; par ailleurs, l’Europe envisage de taxer les multinationales en fonction de leur chiffre d’affaires, dans le pays concerné, et non proportionnellement aux « bénéfices » qui sont facilement manipulables : il y a plus de quatre ans que, avec d’autres, je préconise cette réforme.

 

Il faut bien comprendre pourquoi cette évolution dans la réglementation du commerce mondial est fondamentale. Ce n’est pas seulement une notion de « justice » ; c’est beaucoup plus profond que cela. J’ai déjà utilisé la comparaison avec un moteur classique. Ce dernier a besoin d’huile pour assurer la « fluidité » des rouages. S’il y a une fuite d’huile, même relativement modeste, le moteur va se « gripper ».

 

Il en va de même de l’économie, à tous les niveaux. La fuite des capitaux prive un état ou une collectivité des ressources indispensables pour financer un fonctionnement normal. Ce manque doit être compensé par un appel au crédit. Cet artifice provoque une distorsion malsaine. Ou bien, l’état fait fonctionner la « planche à billets » ; seuls les Etats-Unis d’Amérique peuvent se permettre ce « luxe » sans connaître un cycle ravageur d’inflations et de dévaluations. Ou bien, l’état emprunte et crée ainsi une dette abyssale, comme c’est le cas en France ; mais cette fuite en avant conduit à l’abîme : l’Argentine, la Grèce et bien d’autres en ont fait l’amère expérience. Ou bien, l’état impose des mesures d’austérité qui pénalisent d’abord les plus pauvres ; pour ceux-ci, à ce jour, la situation n’est pas plus réjouissante en Allemagne qu’en France.

 

En manoeuvrant pour ne pas payer leur part normale d’impôts, les multinationales scient la branche sur laquelle elles sont assises ; elles n’ont évidemment aucun intérêt à ce que l’économie mondiale connaisse une crise majeure. Dans un tel contexte, voir Bill Gates, pour ne citer que lui, animer une fondation humanitaire relève d’une inconscience surréaliste invraisemblable ; qu’il assume d’abord ses vraies responsabilités.

 

Est-ce que la suppression des paradis fiscaux et la taxation des multinationales va suffire pour sauver la planète économique ? Non, mais c’est une étape absolument indispensable. Si l’Europe arrive à faire avancer cette évolution, elle aura, enfin, servi à quelque chose. Est-ce que Emmanuel Macron est partie prenante dans ce travail de Titans ? Peut-être.

 

Je rappelle aussi que, selon moi, donner trop de pouvoirs aux plus riches est une dérive suicidaire, aussi dangereuse que ne le furent le nazisme et le communisme stalinien.

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