L'avenir de Marine Le Pen

Publié le par Vincent Sévigné

Contrairement à beaucoup d’observateurs, je pense que le départ de Florian Philippot éclaircit l’avenir de Marine Le Pen.

 

Il est incontestable que monsieur Philippot a, d’abord, beaucoup apporté au FN ; par contre, il a commis une erreur majeure en se bloquant sur une sortie de l’euro inutile et rejetée par une grande majorité de l’électorat. De plus, et peut-être à cause de ce blocage, il n’a pas su créer, avec Marine Le Pen, une ligne stratégique claire et intelligemment offensive.

 

Par ailleurs, Marion Maréchal-Le Pen a compris qu’elle était trop jeune pour passer devant sa tante et prendre la tête du mouvement. Si la marque « Le Pen » dure, son tour viendra un jour. Elle aurait donc tort de compliquer la tâche de sa tante.

 

Au FN, il n’y a pas, actuellement, de leader susceptible de rivaliser avec Marine Le Pen ; celle-ci a donc les coudées franches. Peut-elle se relever de son débat « nullissime » d’entre les deux tours ? Oui. C’est dans l’échec que l’on jauge les tempéraments bien trempés. Churchill avait commis une erreur catastrophique en cautionnant le débarquement des Dardanelles. François Mitterrand a accumulé des fautes probablement pires ; il est trop tôt pour en dire plus : le sujet est encore tabou.

 

Or, madame Le Pen a un atout majeur : elle est la seule leader à s’opposer vigoureusement à l’Europe. Elle peut donc établir une ligne de combat crédible et cohérente avec les fondamentaux du FN : non à l’immigration, non à l’incivisme et à l’insécurité, non au pouvoir des apparatchiks, non à l’omnipotence des multinationales, non à l’Europe de Bruxelles mais oui à celle des peuples. Elle peut compter sur les erreurs de la Commission de Bruxelles, agréées par Emmanuel Macron, pour lui fournir un abondant lot de munitions. Le tout assaisonné d’un peu de populisme : quand on est dans l’opposition, c’est de bonne guerre.

 

Reste la question essentielle ; a-t-elle la solidité intellectuelle nécessaire et un entourage suffisamment compétent pour bâtir avec précision un tel projet ? A- t-elle compris que des invectives simplistes sont efficaces dans des meetings mais ne suffisent pas lors d’un débat de fond ? Le congrès du FN, en mars 2018, permettra d’y voir plus clair.

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