Macron et les médias

Publié le par Vincent Sévigné

J'avoue que je me sens en total désaccord avec la plupart des commentateurs actuels. Je sais bien que la majorité des médias appartient au grand patronat mais il y a tout de même des limites à l'indécence.

 

On nous dit qu'il faut réparer le peuple de France. Débile ! Le petit peuple est en excellent état, dieu merci. Par contre, une partie de celui-ci souffre, matériellement et moralement. C'est tout à fait différent. C'est le peuple qui a fait la richesse de la France. Ce sont les élites qui bradent cette richesse au profit d'eux-mêmes, des migrants et des multinationales.

 

On nous dit que la France est divisée. Encore plus débile ! L'élection passée a montré que, au contraire, les votes pouvaient osciller d'un bord à l'autre. Le peuple cherche désespérément un gouvernement qui saura redresser la France. Et, s'il y a une petite part de haine, notamment contre les extrêmes, celle-ci est exhibée, amplifiée, voire suscitée, par les médias, pour des motifs bassement électoralistes. Attention : si monsieur Macron échoue avec l'approbation implicite des médias, il se pourrait que ce soit la quasi-totalité du peuple de France qui hurle sa haine contre la gouvernance des députés et des médias : la haine ancestrale de l'opprimé contre le nanti.

 

On ovationne le nouveau président. Qu'on lui laisse cent jours, ou un peu plus, pour faire ses preuves, j'en suis d'accord. Mais il est trop tôt pour applaudir. Jusqu'ici, il n'a fait que de la com' ou du marchandage de tapis. Je reconnais qu'il est excellent dans ces deux domaines. Afficher, aux yeux de tous, la tambouille à la sauce Bayrou sans susciter la moindre grimace est un exploit. La journée de la passation de pouvoir est un modèle du genre. Le choix du premier ministre est d'une habileté machiavélique, non sans risque. Mais la seule chose qui compte vraiment, ce sont les décisions à venir.

 

On s'esbaudit sur la nouvelle first lady. Pourquoi pas. Mais il ne faudrait pas nous refaire le coup de la campagne médiatique avant l'échec de Fillon : discourir sur les accessoires pour mieux éviter d'aborder l'essentiel. Il est urgent de nous parler des programmes, à droite comme à gauche. J'ai déjà dit, en son temps, pourquoi, selon moi, certains aspects du programme de Macron ne pouvaient qu'être une catastrophe pour la France, notamment en matière de dette publique et de chômage.

 

Est-ce que monsieur Macron attache beaucoup d'importance au programme qu'il a proposé avant son élection ? Probablement pas, et c'est tant mieux. Entre un doctrinaire buté et un politicien habile, mon choix est vite fait. Mais, raison de plus pour bâtir un projet clair pour la France, un pacte solide qui servira de cadre pour les députés d'En Marche ! Avec Edouard Philippe ! Et un autre pour l'opposition.

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