L'héritier de Hollande

Publié le par Vincent Sévigné

Lors des cérémonies de la Victoire, François Hollande a multiplié les marques d'estime, voire d'affection, pour confirmer qu'Emmanuel Macron était bien son héritier. Seuls quelques commentateurs font encore semblant de ne pas voir l'évidence.

 

Ajourd'hui, il est facile de reconstituer le scénario. Quand Hollande a réalisé qu'il n'avait aucune chance d'être réélu, son objectif a été de booster un héritier. C'est plus flatteur que de laisser la place à l'opposition. Valls était un rival et ne pouvait convenir. Hollande a su reconnaître les capacités de Macron. Il lui a mis le pied à l'étrier, à deux reprises. Puis, d'un commun accord, Macron a quitté le gouvernement sous un prétexte crédible pour l'opinion publique.

 

Macron a eu assez de charisme pour faire oublier d'où il venait et faire croire qu'il était l'homme nouveau, le messie que tout le monde attendait. Il va, évidemment, continuer sur cette trajectoire et faire semblant de prendre ses distances avec Hollande.

 

Tout cela est-il scandaleux ? Non. C'est bien joué. Macron est-il engagé par sa filiation ? Uniquement à la marge. Monsieur Hollande a offert à ses petits copains des postes lucratifs et peu exigeants. On peut penser que monsieur Macron ne touchera pas à ces cadeaux. A cette réserve près, Emmanuel Macron est libre. Est-il engagé par son programme ? Il a toujours dit que le programme n'était qu'un accessoire.

 

Macron est-il une créature de Hollande ? Je ne crois pas. Macron vient de plus loin. Hollande n'est que l'un de ses soutiens. La perfection de sa communication ne peut pas relever de la génération spontanée. Les erreurs de Macron suffisent pour prouver que ce n'est pas lui le maître d'oeuvre et qu'il y a, derrière le rideau, une machine puissante et parfaitement organisée.

 

Que va faire monsieur Macron ? Personne ne peut le savoir. Va-t-il choisir un Premier Ministre dans les rangs des Républicains ? Ce serait de la suprême habileté pour dynamiter la droite classique. Ce faisant, il ne prendrait aucun risque. Avec la constitution actuelle, le Président de la République peut changer de chef de gouvernement quand il le veut.

 

Peut-on encore penser que monsieur Macron arrivera à redresser la France ? Pour bien dormir, mieux vaut l'espérer. Sans trop y croire, pour éviter les réveils douloureux. Après le temps de la com', il y a celui des actes.

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