Requiem

Publié le par Vincent Sévigné

Pour la deuxième, ou la troisième fois, de Gaulle est mort : c'est le peuple français qui en a décidé ainsi. Monsieur Macron va évidemment battre madame Le Pen, même si celle-ci fera probablement un score historique. Or, Macron est l'anti-de Gaulle par excellence.

 

Macron est le candidat de la finance : tout son programme le dit clairement. Il a bénéficié du soutien sans faille de toute la presse qui appartient aux milliadaires, et aussi de certains journaux que l'on aurait pu croire un peu plus indépendants. Macron est pour la mondialisation pure et dure. Macron ne propose pas de contester les erreurs de l'Union européenne. Macron est pour accroître le pouvoir des syndicats. Macron est pour l'ouverture de la France aux émigrés, aux « capitaux » étrangers, aux travailleurs « détachés », aux marchandises produites contrairement aux règles que l'on impose aux entreprises françaises. Macron est incontestablement l'héritier de François Hollande. Enfin, et surtout, la « nouveauté » proposée par Macron n'est qu'un retour à la quatrième République. Bref, exactement tout ce que le Général vomissait.

 

En ce qui me concerne, je vais même beaucoup plus loin : je crois, sincèrement, que Macron, par son incompétence, son manque d'expérience et sa soumission aux forces de l'argent va précipiter la France vers l'abîme, bien plus efficacement que ne l'ont fait Nicolas Sarkozy et François Hollande. J'aimerais me tromper. Cela ne se verra pas au début, sauf en ce qui concerne le creusement de la dette. Observez ce qui s'est passé en Argentine et en Grèce : voilà ce qui nous attend. Et en 2022 ? Il sera probablement déjà trop tard.

 

François Fillon a été victime d'un injuste matraquage médiatique. C'est vrai. Mais, en dépit de son expérience exemplaire, il a aussi accumulé d'invraisemblables erreurs de communication. Le peuple français en a déduit qu'il n'avait pas la stature d'un chef d'état.

 

Benoît Hamon a montré qu'il n'était pas à la hauteur de la magistrature suprême. Sans sa présence, Jean-Luc Mélenchon aurait peut-être pu accéder au second tour mais cela n'aurait pas modifié le résultat final.

 

Peut-on continuer à faire des propositions pour améliorer le gouvernement de la France ? Oui, mais à la marge.

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