Médias, pronostics et conseil

Publié le par Vincent Sévigné

Certains médias ont fait récemment une découverte fabuleuse : ils ont remarqué qu'ils boostaient les extrêmes, notamment Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, en se focalisant sur les « affaires » concernant François Fillon. Sur ce point, l'éditorial de Guillaume Goubert, intitulé « Extrémismes », dans le journal « La Croix » du 14 avril est d'une naïveté stupéfiante. Quant aux susdites « affaires », certes, elles sont décevantes mais tout de même accessoires face à l'enjeu de la campagne présidentielle.

 

Suite à ce « dessillement », les médias ont pris un virage brutal. On parle enfin de l'essentiel, ce que l'on aurait dû faire beaucoup plus tôt : on étudie, plus ou moins sérieusement, les programmes et l'aptitude de chaque candidat à mettre en œuvre le sien. Selon moi, ce retour au bon sens et aux clivages classiques profite essentiellement à François Fillon. Je pense donc qu'il sera au second tour de l'élection. Il n'aura alors aucun mal à battre Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon. Face à Emmanuel Macron, le score sera un peu plus serré mais c'est Fillon qui l'emportera.

 

Ceci dit, je peux me tromper. Supposons, un instant, que Emmanuel Macron se retrouve, au deuxième tour, face à Marine Le Pen ou à Jean-Luc Mélenchon. François Fllon commettrait alors une grave erreur – c'est sa spécialité - en appelant à voter Macron : ce serait la meilleure façon de faire exploser, et pour longtemps, la droite classique. Ce serait, aussi, se rendre, par avance, en partie responsable du désastre prévisible dû à l'élection de Macron.

 

Pour Fillon, soutenir un autre candidat ne serait pas davantage envisageable. Le plus sage, et le plus démocratique, serait de laisser à chaque électeur le soin de prendre ses responsabilités. D'autres ténors de la droite classique, tel Alain Juppé, ne manqueront pas de voler au secours de Macron. On reviendra alors au « bon vieux temps » de la quatrième République et de ses magouillages avant et après les législatives. Rappelons, à ceux qui croient innover, que l'on a déjà testé ce mode de gouvernement dont les fruits furent, entre autres, «la France, homme malade de l'Europe » et la guerre d'Algérie.

 

Je rappelle : pronostic n'est pas souhait ; ce qui précède est une simple analyse des forces en présence.

 

Enfin, et surtout, quelle que soit votre préférence, votez !

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