Où va Macron ?

Publié le par Vincent Sévigné

Le peuple français a compris, à peu près, où veut aller Fillon mais a-t-il bien réalisé où veut l'emmener Macron ? Celui-ci veut mettre la France au service des puissances de l'argent et du grand capital. Son programme est aussi limpide que ne l'était Mein Kampf : on ne pourra pas dire que l'on n'était pas prévenu. Dans ce qui suit, c'est sur ce programme que je m'appuie.

 

Macron fait des promesses tous azimuts et ses propositions pour faire des économies sont tellement irréalistes que personne ne peut y croire, pas même lui. C'est normal. Macron veut creuser le déficit. Plus un pays est endetté, plus il est à la merci des milliardaires. L'Argentine, la Grèce, ...

 

Sous couvert d'altruisme et d'adhésion à l'Europe, Macron veut ouvrir les vannes de l'immigration et des travailleurs « détachés ». C'est logique. Cet afflux de main-d'oeuvre bon marché est la méthode la plus efficace pour diminuer les exigences des travailleurs français.

 

Pour faire accepter quelques réformes favorables au grand patronat, Macron a besoin du soutien des syndicats. Il va accélérer la mise en place du compte pénibilité : les grandes entreprises ont les moyens de gérer cela. De plus, et contrairement à ce qui se passe dans d'autres pays, le souci de l'intérêt national ne fait pas partie de l'ADN des syndicats français. Quelques privilèges consentis aux délégués syndicaux suffisent pour faire accepter des délocalisations massives : l'exemple de Renault est sans appel.

 

Les PME classiques vont s'effondrer : ce n'est pas grave. Elles seront remplacées par des succursales chinoises qui vont sucer le savoir-faire français pour, plus tard, le délocaliser en Europe de l'Est ou au-delà. Il y a déjà une campagne d'intoxication massive pour vanter l'aspect « attractif » de la France au profit des investisseurs étrangers.

 

Le chômage va exploser. D'une part, comme avec François Hollande, il sera partiellement camouflé par des emplois aidés et des formations bidon. Par ailleurs, les indemnités de chômage seront maintenues ou revues à la hausse. Un chômeur indemnisé se tait provisoirement. Au bout de cinq ou six ans de sans emploi, on est tellement démobilisé que l'on se tait définitivement.

 

L'intelligence française est une mine d'or. Les start-up vont être boostées, mais, sous couvert de libération, elles vont être mises au service de la mondialisation heureuse et non pas de cette chimère surannée que l'on appelle la France.

 

On a le droit de penser que les milliardaires sauront mieux gérer le monde que des politiciens obsolètes. Ce n'est pas mon option. Il se trouve que je connais un peu, de l'intérieur, le marigot des plus riches en ayant la naïveté de croire que je n'en suis pas. La série télévisée Dallas en est la version à l'eau de rose. C'est l'enfer assuré.

 

La résistible ascension de monsieur Macron est-elle l'aboutissement d'un complot ourdi par un cabinet noir ? Non. C'est une émanation naturelle qui a éclos sur un terreau favorable. Relisez les pages 317 et suivantes, avec la clef page 322, du livre de Philippe de Villiers : « Le moment est venu de dire ce que j'ai vu ».

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