Marine et les juges

Publié le par Vincent Sévigné

Selon moi, madame Marine Le Pen a raison de ne pas répondre aux convocations des juges en pleine campagne électorale. Tout le monde comprend que c'est une période où chaque candidat est exceptionnellement sollicité ; pour le bon fonctionnement de la démocratie, il est donc souhaitable de ne pas compliquer sa tâche.

 

Rappelons d'abord l'essentiel de la chronologie. En ce qui concerne l'affaire concernée, les investigations ont été ouvertes en mars 2015. Il y a plus d'un an que madame Le Pen elle-même a demandé à ce que le dossier soit confié à un juge d'instruction. Et c'est maintenant, en pleine campagne électorale, que l'on convoque madame Le Pen. Il n'y a pas d'urgence ; elle ne risque pas de s'enfuir.

 

Cela signifie-t-il qu'il y a eu un « complot » ? Non. Disons que la « petite » justice a cru bon d'arborer son pouvoir, certes de façon parfaitement légale, mais avec un sérieux manque de discernement. Légalité contre légalité, madame Le Pen a raison d'utiliser son immunité parlementaire.

 

Je dois avouer que, comme nombre de Français, je n'ai plus confiance dans la justice de mon pays. Je ne suis pas près d'oublier que, le 14 octobre 2015, des milliers de policiers ont manifesté devant le ministère de la justice avec, comme slogan : « POLICE/JUSTICE : LA RUPTURE ». J'entends encore ce conseil d'un avocat : « N'avouez jamais ! » Il est des juges dont la priorité est de déstabiliser le présumé innocent en oubliant qu'une instruction doit être menée à charge et à décharge. Il est bien évident que, lorsque le calme sera revenu, les faits rappelés ci-dessus n'aparaîtront pas à l'honneur de la Justice et ne seront pas de nature à rassurer les citoyens.

 

J'ajoute que plusieurs grands médias n'ont pas respecté un minimum d'objectivité et « d'équilibre », c'est-à-dire de justice, entre les arguments des uns et ceux des autres. Au risque de participer à la désinformation des plus naïfs qui en sont à ne plus faire la différence entre des délits de droit commun et des usages, moralement contestables, mais légaux et pratiqués par nombre d'élus.

 

Certains pensent que « je roule pour Marine ». Non. J'ai dit, en son temps, ce que je pensais de ses 144 engagements. J'essaie seulement, au milieu d'une mer un peu houleuse – on a connu bien pire – de garder mon propre cap avec ma petite boussole personnelle. D'ailleurs, l'horizon s'éclaircit : Emmanuel Macron apparaît comme le seul véritable successeur de François Hollande. On a le droit de croire qu'il saura, mieux que son prédécesseur, animer une gauche de progrès. On peut aussi être convaincu du contraire. Il a été le responsable de la politique économique durant la deuxième partie du gouvernement Hollande. Il sera bien obligé de tenir compte des exigences de la gauche pour avoir une majorité. Enfin, selon moi, son passé et son programme montrent sa collusion avec le grand capital.

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