Macron, un programme infantilisant

Publié le par Vincent Sévigné

Pour moi, le programme de monsieur Emmanuel Macron est un désert parsemé de mirages et de cathédrales, ou de chapelles, isolées dans les dunes. Je vais m'expliquer à partir d'un exemple, l'économie, qui devrait être, logiquement, le domaine où monsieur Macron est le meilleur.

 

Un désert d'abord, c'est-à-dire un programme où il manque l'essentiel pour survivre. Le prochain gouvernement va devoir prendre des options fortes et précises dans un grand nombre de domaines vitaux ; la lutte contre la voracité des multinationales, la mise à l'abri de la petite épargne face au dérèglement mondial que prépare Donald Trump, le compte pénibilité, les contraintes imposées par les syndicats sur le fonctionnement des entreprises, les normes imposées par Bruxelles, les règlements accumulés par des députés déconnectés du réel, les privilèges des députés et de leurs apparatchiks, l'explosion des dépenses de fonctionnement des collectivités territoriales, le déséquilibre des régimes de retraites, le devenir des centrales nucléaires actuellement en service, l'avenir des EPR, l'aéroport de Notre-Dame des Landes, etc. Que souhaite faire monsieur Macron ? On ne sait pas.

 

Les mirages ensuite. Toucher, si peu que ce soit, au système des retraites provoque immédiatement une levée de boucliers : des gouvernements forts s'y sont cassés les dents. Au lieu de nous indiquer comment il compte résoudre les problèmes urgents, monsieur Macron fait rêver sur un système où chaque euro cotisé donnerait les mêmes droits pour tous ! Ce n'est évidemment pas crédible.

En ce qui concerne les « économies budgétaires », la trouvaille géniale de monsieur Macron est l'investissement. Eh oui, c'est en investissant que l'on va faire des économies ! Allez lire le programme lui-même et ne vous fiez pas aux présentations tronquées et flatteuses données par certains médias. Il y a longtemps, dieu merci, que l'administration a simplifié nombre de procédures, sans avoir besoin d'investissements. Ce sont les députés, à Paris ou à Strasbourg, qui décident des lois.

 

Les chapelles enfin : il y en a pour tous les goûts. Quelques mesurettes : un exemple, parmi d'autres ; il nous promet une « grande loi de moralisation pour les responsables politiques » ; concrètement, ce qu'il propose n'est absolument pas à la hauteur d'un système de prébendes organisé aussi bien par la droite que par la gauche. Par ailleurs, c'est un florilège de dépenses tous azimuts. Chacune est bonne en soi mais incomplète et sans perspectives ; leur accumulation ne peut que ruiner la France d'autant plus que, sauf exceptions rares et étriquées, monsieur Macron ne propose pas « des grands travaux » mais des créations de postes.

 

Dans les domaines autres que économiques, c'est encore pire. Enfin, les rares interventions de monsieur Macron sur les problèmes de société – colonisation ou GPA par exemple - m'ont semblé aberrantes : je l'ai déjà dit.

 

Cela veut-il dire que monsieur Macron est un imbécile ? Non, évidemment. En fait, et il l'a souvent susurré, il ne croit pas à l'utilité d'un programme précis. Il veut un retour à la quatrième République où ce sera le Parlement qui dictera la politique. Le choix du Président de la République serait uniquement pour donner des orientations générales et, sur ce point, les options de monsieur Macron sont clairement affichées.

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