Macron et les PME

Publié le par Vincent Sévigné

Sauf s'il s'agit de start-up, Macron ne souhaite pas soutenir les patrons de PME. En tant que ministre de l'économie de François Hollande, il aurait pu alléger les contraintes administratives qui les paralysent : il ne l'a pas fait. Il a préféré réserver le 49.3 au CICE, mécanisme beaucoup trop compliqué pour pouvoir aider les petites entreprises.

 

Son programme présidentiel reste dans la même optique. Pour bien le comprendre, c'est évidemment le registre « Entreprises » qu'il faut lire attentivement. Comme dans tout le reste du programme, monsieur Macron promet monts et merveilles mais le coût total de ces promesses est tellement pharamineux que celles-ci sont parfaitement illusoires. Un exemple, parmi d'autres : « Nous réduirons nettement les charges qui pèsent sur les indépendants (professions libérales, commerçants, artisans, agriculteurs…) ». C'est bien sûr, demain on rase gratis.

 

En ce qui concerne les simplifications administratives, monsieur Macron est tout aussi « bienveillant ». Un exemple : « Parce que la réglementation du travail est souvent trop complexe, un site donnera accès aux PME aux obligations légales et conventionnelles à respecter, ainsi qu’à des conseils fournis par l’administration ». De plus, et surtout, il faut aller lire plus loin pour bien comprendre dans quel état d'esprit seront abordés ces « conseils ».

 

Voici l'extrait essentiel : « Les représentants des salariés dans l’entreprise sont les mieux placés pour défendre leurs intérêts. Leur place doit donc être reconnue et renforcée. Le renouvellement du dialogue social passe donc à la fois par une meilleure reconnaissance, par les employeurs, du rôle des syndicats et par l’engagement d’une profonde mutation de ceux-ci pour qu’ils soient plus en phase avec les attentes des salariés et leurs besoins mais également mieux informés sur la gestion de l’entreprise et responsabilisés. » Chacun connaît l'aptitude des syndicats à amorcer une « profonde mutation ». Ajoutons à cela que, dans la rubrique « retraites », monsieur Macron précise : « la pénibilité sera toujours prise en compte. »

 

Cette orientation est normale. Pour gouverner, monsieur Macron devra, comme François Hollande, s'appuyer sur la gauche. Il lui sera donc absolument impossible d'être en conflit majeur avec les syndicats actuels. Pour faire accepter quelques mesures demandées par le grand patronat il lui faudra être beaucoup plus favorable aux syndicats en ce qui concerne les PME.

 

Selon moi, écraser les patrons des « anciennes » PME est encore plus dangereux que de laisser la France se désindustrialiser. Sans faire de boulangisme, je pense que Marine Le Pen devrait prendre vigoureusement la défense des patrons de PME, ne serait-ce que pour obliger François Fillon à préciser sa position. Le peuple français a tout intérêt à ce que les options de chaque candidat soient claires et intelligibles.

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