Le cas Fillon

Publié le par Vincent Sévigné

Fillon a réagi vigoureusement à sa convocation par les juges le 15 mars, soit deux jours avant la clôture des parrainages. Ses adversaires exultent, Bruno Lemaire a démissionné et l'UDI se met en réserve. Au milieu de cette cacophonie, il me semble utile de rappeler les faits.

 

Les enfants de Fillon et, surtout, son épouse ont été rémunérés comme attachés parlementaires. Ils auraient facilement pu trafiquer des preuves « bidon » de ces activités, mais ils n'ont pas pris conscience de cette nécessité. De plus, Pénélope a été rémunérée par une société appartenant à un milliardaire pour un travail dont la réalité matérielle semble difficile à prouver.

 

Est-ce juridiquement condamnable ? Je ne sais pas, je ne suis pas juriste. Mais l'essentiel n'est pas là. Fillon prétendait laver « plus blanc que blanc ». La déception a donc été considérable. De plus, la rémunération de Pénélope a été égale, ou même parfois supérieure, à celle d'un professeur d'université en fin de carrière : il y a de quoi susciter le dégoût de ceux qui n'ont même pas de quoi survivre. Fillon aurait dû se retirer et laisser la place à Juppé. Fillon a pris le risque de rester. Jusqu'ici, sa stratégie défensive a été aussi mauvaise que possible.

 

Et maintenant ? Il est probablement trop tard pour un « plan B ». Il faut donc revenir au fond. Fillon n'est pas un criminel. Ses erreurs relèvent de l'inconscience, moralement peu acceptable, mais qui, hélas, est omniprésente chez les élus et leurs apparatchiks. La question finale sera de choisir le moins mauvais des candidats. Je pense que rien n'est joué : la séquence actuelle peut consolider le socle de Fillon ; il faudrait toutefois que celui-ci cesse d'accumuler les erreurs de communication.

 

J'ajoute deux remarques. On savait que la police était plutôt à droite et la justice plutôt à gauche. Il est évident que sortir, juste au moment de la présidentielle, des attaques judiciaires contre Fillon et Marine, alors que les faits sont anciens, n'est pas dû au hasard : ce n'est pas cela qui va diminuer la suspicion des Français concernant leur justice.

 

Par ailleurs, Macron croit bon de mettre de l'huile sur le feu en expliquant, sans rire, que s'il y a une trêve liée à la campagne présidentielle, elle doit être étendue à tous les délinquants. Si Macron se retrouve, au deuxième tour, contre Marine, il se pourrait bien qu'une grande partie de la droite indignée se tourne vers celle-ci. D'autant plus que, pour la droite, le projet actuel de Macron est fort inquiétant.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

cateura 02/03/2017 10:36

Macron a actuellement le meilleur programme pour une France moderne, si pour vous le programme Macron est inquiétant, pour moi ce sont les programmes Marine Et fillon les plus inquiétants .pour vous c'est la France avec la marche arrière moi je préfère passer la troisième