Macron la gaffe

Publié le par Vincent Sévigné

Macron demande pardon : « Je suis désolé de vous avoir blessé … Je ne voulais pas vous offenser ». Comment un homme politique peut-il méconnaître à ce point l'âme de la France. Même quand il s'agit du génocide des Vendéens, lors de la Terreur, la plaies sont encore vives. Alors, quand on évoque la guerre d'Algérie, les nerfs sont à fleur de peau. Aller à Alger pour affirmer que la colonisation fut « un crime contre l'humanité » ne pouvait donc que susciter l'indignation d'une partie des Français, bien au-delà des pieds-noirs, et, ce qui est beaucoup plus grave, conforter la désinformation d'une partie de la jeunesse française, notamment celle d'origine maghrébine.

 

Le Monde, journal phare des bobos, a clairement pris position en faveur de monsieur Macron : c'est son droit. Il y a belle lurette que ce média n'est plus un référent objectif. La réaction de Benjamin Stora est significative : « Les historiens ont apporté la preuve de massacres ... » Certes, mais, jaugés à l'aune de l'Histoire, ils furent bien moins nombreux et bien moins meurtriers que dans d'autres conflits. Hitler, Staline, le Cambodge, le Rwanda, la Serbie. Lors de la conquête de l'Amérique, du Nord ou du Sud, quelle place les « blancs » ont-ils laissée aux autochtones ? Et aujourd'hui, que penser de la situation en Afghanistan, en Erythrée, en Syrie, en Irak, au Soudan, et ailleurs ?

 

Je crois que la France a réussi la décolonisation avec un minimum de dégâts, notamment en Algérie où il y avait tout de même un million de pieds-noirs. Et je redis : dès l'accès à l'indépendance, tout fonctionnait en Algérie et ce n'est pas le FLN qui avait formé l'élite, évidemment. Ensuite, c'est le gouvernement algérien, issu du FLN, qui a découragé une bonne partie de cette même élite. Je redis aussi : en 1968, les coopérants français étaient accueillis chaleureusement par l'intelligentsia algérienne : je sais de quoi je parle. Oui, dans ce domaine, j'ai la naïveté d'être fier de la France, même si je ne conteste pas ses imperfections. Une dernière remarque sur ce chapitre : le gouvernement qui a organisé la guerre d'Algérie et l'utilisation de la torture était-il de droite ou de gauche ?

 

Selon moi, les propos précités de monsieur Macron sont révélateurs de la bulle dans laquelle il évolue, bulle complètement déconnectée de la France profonde. C'est aussi sa plus grosse bourde, mais ce n'est pas la seule.

 

A Nevers, Macron s'engage au remboursement à 100% des lunettes ainsi que des prothèses dentaires et auditives ; ce sera peut-être rentable pour quelques fabricants ; par contre, c'est la faillite assurée de la sécu et de diverses mutuelles. Il faudrait peut-être, d'abord, mettre un peu d'ordre dans les susdits remboursements, parfois surfacturés, et distinguer entre les prothèses vitales et celles de confort.

 

De plus, et surtout, dans la plupart des domaines, le « programme » actuel de monsieur Macron est encore illisible. Un exemple, parmi beaucoup d'autres ; en ce qui concerne l'éducation, il propose de renforcer l'autonomie des établissements et de créer des postes mieux payés dans les quartiers en difficulté ; pourquoi pas, mais dans quelle perspective ? Accentuer les sanctions ? Annuler toute une partie des « réformes pédagogiques » catastrophiques du gouvernement de François Hollande ? Et c'est loin d'être plus clair dans beaucoup d'autres domaines.

 

On peut donc espérer que les idées lumineuses de Gaston … m'enfin ! … pardon, de Macron, continuent à égayer le journal de la présidentielle.

 

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