Macron, le nouveau Hollande

Publié le par Vincent Sévigné

Le véritable héritier de François Hollande n'est pas Manuel Valls mais Emmanuel Macron. Ses propositions sont un peu différentes, mais la stratégie est rigoureusement la même.

 

En simplifiant, il y a deux types de candidats à la présidence de la République : ceux qui proposent un programme et ceux qui s'appuient sur des idées. Fillon, Mélenchon ou Marine Le Pen ont un programme. Certaines options peuvent sembler surréalistes ou suicidaires. Les programmes ne sont jamais complets, y compris sur des points fondamentaux. Mais, du moins, l'électeur connaît un cap.

 

A l'opposé, il y a ceux qui veulent se faire élire sur des valeurs. Une fois élus, on se mettra autour d'une boule de cristal et les solutions apparaîtront par enchantement. François Bayrou et Ségolène Royale ont, plus que d'autres, théorisé ce retour à la quatrième République. Mais c'est François Hollande qui a expérimenté cette technique avec un succès et un bonheur tels qu'il n'ose pas se représenter.

 

Macron est clairement dans le même registre. Son livre, absolument pas révolutionnaire, étrange tissu de truismes et de contre-vérités, l'affirme. Pages 9 et 10, « On n'y trouvera pas de programme, et aucune de ces mille propositions ... » Page 69, « c'est pour cela que je ne crois pas au fait d'égrener des propositions dans le cadre d'une campagne. » Tout le reste du livre et les interventions d'Emmanuel confirment ce non engagement.

 

Il se réfère à de Gaulle et Mendès France, mais ceux-ci étaient des anti-Macron. Ils avaient des convictions, mais cela ne suffit pas. C'est en imposant des choix décisifs, souvent à contre-courant, qu'ils ont inscrit leurs noms dans l'Histoire.

 

Ajoutons à cela que Macron a cautionné toute une partie de l'action, ou de l'inaction, de François Hollande en participant à son gouvernement. Son bébé, le crédit d'impôt compétitivité emploi, est un mécanisme tarabiscoté, coûteux et non créateur d'emplois, conçu pour le grand patronat. Son seul apport aux PME et aux artisans fut de plaider leur cause auprès de l'Europe : du vent.

 

Macron est-il sincère ? Autant que ses prédécesseurs, ce qui n'exclue pas d'avoir les dents longues. Alors, Emmanuel est-il un « fumiste » qui s'ignore ? Si vous le dites, je ne vous contredirais pas.

 

Pourquoi Emmanuel est-il le chouchou des journalistes ? Parce qu'il est le candidat de la finance. Les médias, à quelques exceptions près, appartiennent aux grands patrons. En général, ceux-ci laissent la bride sur le cou des journalistes pour faire croire que la France est encore une démocratie. Toutefois, quand l'enjeu est crucial, les milliardaires rappellent, discrètement mais fermement, que ce sont eux qui ont le pouvoir ultime.

 

Macron deviendra-t-il Président de la République ? Le plus tard possible serait le mieux : qu'il ait, au moins, un peu d'expérience.

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