Les virages de Fillon

Publié le par Vincent Sévigné

Le 3 janvier, à 20h et sur TF1, François Fillon a prouvé qu'il maîtrisait l'art des virages en dérapage contrôlé tout en conservant l'essentiel de la vitesse acquise lors de la primaire, une énergie cinétique capitalisée dans la confiance en sa capacité à rebooster la France.

 

La première étape fut un retour sur la sécu : foin des détails techniques, l'essentiel est d'affirmer que la Santé va être traitée avec assurance et compétence. De même, la notion de « lendemain » est devenue une unité de mesure extensible et adaptable aux nécessités de la campagne électorale. François sera prêt à temps et avant les autres : sur ce point, la barre n'est pas très haute.

 

Supprimer 500.000 postes ? les collectivités locales en ont créé un million : cela laisse une petite marge de manœuvre. Il faut reconnaître que cette orientation est plus facile à défendre que l'argumentaire initial qui faisait appel à un calcul mathématique par trop simpliste.

 

Diminuer le temps de travail ? Ce point fera l'objet de discussions avec quelques contreparties : les syndicats auront un peu de blé à moudre.

 

En ce qui le concerne, Fillon a su rassurer ses partisans. Il veut une « France forte », disons un pot de fer, mais, à l'image – voire à l'instar - du Président du Sénat, avec suffisamment de rondeur pour que chacun se sente « protégé ». On peut avoir des convictions « militaristes » sans être droit dans ses bottes.

 

Et les autres ? François ne les a pas complètement oubliés ; le pot de terre de la gauche est déjà en morceaux : au moins trois et on peut en espérer plus. Le fragment Macron lui-même a bénéficié d'un petit coup d'épaule : pas encore de programme digne de ce nom et un bilan au gouvernement fort peu convaincant. Par contre, François n'a pas jugé utile de gloser sur un Président en exercice, satisfait de son action passée mais qui ne se représente pas : par modestie ?

 

Bref, sur un ton patelin, Fillon a fait très fort sans susciter de réaction violente. Le « Canard enchaîné » lui-même a préféré s'intéresser aux « oubliettes » qu'à un discours qui, contrairement aux apparences, était bien une étape essentielle de la campagne électorale du « possible futur président de la République ». Reste à intégrer tout cela dans le programme officiel et à combler quelques lacunes.

 

Et Marine ? Il sera fort intéressant, à partir des 4 et 5 février, de disséquer son projet alternatif de gouvernement.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article