Les plumes des divas

Publié le par Vincent Sévigné

Informé – on se demande par qui - le « Canad enchaîné » a dévoilé au peuple sidéré les émoluments de madame Fillon. On croyait tous que Pénélope détruisait la nuit ce qui avait été créé le jour – à moins que ce ne soit l'inverse – et qu'elle restait confinée entre enfants et potées du terroir.

 

Cela méritait-il un coup de bec ? Face aux revenus de ceux qui ont officiellement pris le pouvoir aux Etats-Unis, ces cinq cent mille euros ne sont qu'une misère. Et, sur le fond, la naïveté de la concernée est plutôt rassurante : elle a avoué, elle-même, qu'elle restait en dehors des affaires politiques de son mari. Estimée au nombre de lignes, sa rémunération privée n'est probablement pas plus élevée que celle de Valérie : les plumes des divas n'ont pas de prix. Qui plus est, chaque Français et, encore plus, chaque Française a bien conscience qu'affermir l'équilibre psychologique et physiologique d'un puissant est un service rendu à la Nation.

 

La première réaction du favori pour mai 2017 fut désastreuse. La deuxième ligne de défense présentée, ce soir, sur TF1, est beaucoup plus solide : personne ne peut contester le rôle d'une femme auprès de son mari et personne ne peut interdire à un milliardaire de payer, au prix fort, les conseils d'une avocate. Toutefois, parler de « boules puantes » me semble déplacé : le Palmipède est, avec la Cour des comptes, l'un des derniers piliers de notre fonctionnement démocratique. Ses articles sur « Penny » sont factuels. Et il est dans son rôle en s'interrogeant sur les rétributions précitées.

 

La France est un peuple régicide marqué par l'abolition des privilèges et hanté par la nostalgie du général de Gaulle. Cinq mille euros par mois, payés par le contribuable, c'est le salaire d'un professeur d'université en fin de carrière et c'est trois fois plus que le SMIC. Or, j'ai déjà dit que l'une des faiblesses de François Fillon était son peu d'appétence pour réduire les dépenses des collectivités territoriales. De plus, rien dans son programme ne laisse présager une remise en cause des superprofits des multinationales. Tout soupçon de laxisme envers les apparatchiks ou de conflit d'intérêt auprès des milliardaires peut légitimement provoquer un rejet de la part de ceux auxquels on va demander des sacrifices.

 

Au vu de ces commentaires, certains diront que je roule pour Marine. La réalité est plus prosaïque : je suis un disciple de monsieur de La Palisse. Le FN surfe sur les erreurs de ses adversaires : il est donc le premier bénéficiaire de l'inconscience, pas toujours pénalement coupable, de nos élus.

 

Une dernière remarque. Pour moi, une tartine de bonne confiture, à l'issue d'un repas simple et convivial, est beaucoup plus qu'une cerise sur le gâteau : je trouverai regrettable d'altérer cet aboutissement d'un art primitif en le mêlant à de la tambouille politicienne.

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