Le revenu universel

Publié le par Vincent Sévigné

Le succès de Benoît Hamon, désormais soutenu par Arnaud Montebourg, relance le débat sur le revenu universel (RU). Rappelons d'abord quelques détails techniques. Hamon souhaite que, à terme, le RU mensuel soit de 750 euros et versé à tous les Français. Le SMIC mensuel est, aujourd'hui, de 1400 euros (et des poussières) pour des semaines de 35 heures.

 

La proposition de monsieur Hamon est-elle totalement irréaliste ? Moins qu'il n'y paraît. Tout d'abord le RU a l'avantage de la simplicité technique, même s'il est modulé en fonction de l'âge. Il serait un sérieux soutien financier réservé aux Français. Etant versé par l'Etat, il serait facile d'en réserver une part pour payer le « tiers payant », les cantines, les pensions liées aux divorces, l'eau, le gaz, l'électricité, …

 

Reste à savoir comment le RU se coordonne avec les autres points techniques. Selon moi, le RU devrait permettre une diminution du SMIC, contrairement à ce que propose Hamon, ce qui rendrait nos services et nos industries plus compétitifs. Le RU pourrait être financé, en partie, par une augmentation de la TVA, ce que ne propose pas Benoît Hamon.

 

Enfin, et surtout, il faudrait décider comment le RU se cumule avec les autres aides, ou, plutôt, les annule.

 

A gauche, l'argument essentiel pour contester le RU est le risque de dévaloriser le travail. Il est vrai que, si on peut vivre décemment sans travailler, la tentation est forte d'en abuser. Par le temps qui court, si on est maçon ou couvreur, on a fortement envie de rester chez soi. Or, l'expérience montre que, si on n'est pas astreint au travail, par nécessité ou par conviction, on se laisse très vite engluer dans l'oisiveté, la mère de tous les vices ; c'est un risque majeur pour soi-même et pour son entourage : je sais de quoi je parle. Il est donc indispensable que le montant du RU ne soit pas suffisant pour vivre décemment, mais qu'il nécessite d'être complété par, au moins, un travail à temps partiel ou des « petits boulots ».

 

Bref, attaquer frontalement Benoît Hamon à propos du RU ne me semble pas une bonne stratégie. Par contre, même si la probabilité pour Hamon de devenir Président de la République est bien faible, il peut être intéressant de lui faire préciser comment il conçoit la mise en place progressive du RU et comment il l'articule avec les autres ingrédients économiques.

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