Fillon et les suppressions de postes

Publié le par Vincent Sévigné

Après le recul sur la sécu, car c'en est un, les adversaires de François Fillon vont cibler ses propositions de suppressions de postes.

 

Rappelons d'abord que la présentation du projet Fillon 2017 a été complètement modifiée en début de semaine en ce qui concerne la santé. Et on nous explique maintenant que la réforme de la sécu n'est pas une priorité temporelle et ne rentre pas dans le cadre des 100 premiers jours. Dont acte.

 

Par ailleurs, voici, à ce jour, le texte essentiel concernant les suppressions de postes promises par François Fillon :

 

« Augmenter le temps de travail dans la fonction publique de 35 à 39 heures, ce qui représentera un gain de temps de travail d'environ 10% soit l'équivalent de 500.000 postes. »

 

Selon moi, cette formulation technocratique et « mathématique » est quelque peu surréaliste. Le moins qu'on en puisse dire est que cette proposition cruciale exige quelques explications. Le passage de 35 à 39 heures sera-t-il officiel dès les 100 premiers jours ? Les policiers, les personnels de santé, la plupart des enseignants sont déjà à la limite du burn out : va-t-on augmenter la charge de chacun ? De plus, et ceci est probablement le plus inquiétant, pour « occuper » les 4 heures supplémentaires, on va créer, plus ou moins artificiellement, des besoins qu'il sera, ensuite, très difficile de remettre en cause.

 

Par ailleurs, comment supprimer effectivement les postes ? Actuellement, quand il y a un départ à la retraite, le poste est immédiatement libéré et disponible pour une embauche. Comment va-t-on modifier, concrètement, ce dispositif ? Si un professeur de mathématiques part à la retraite, va-t-on demander à l'ensemble de ses collègues, professeurs de lettres, d'histoire ou de langues, d'effectuer quelques heures de mathématiques pour « boucher les trous » ? Si un policier chevronné part à la retraite dans un commissariat, va-t-on laisser ses collègues assurer les mêmes tâches avec un personnel en moins ? Va-t-on diminuer le nombre de postes ouverts dans les concours de la fonction publique ? Va-t-on instaurer une foire d'empoigne pour répartir les départs à la retraite non remplacés ?

 

Honnêtement, en mon âme et conscience, je pense que contester la formulation précitée n'est pas du mauvais esprit mais du bon sens. J'ajoute que, selon moi, il est effectivement possible d'économiser 500.000 postes sur cinq ans , mais c'est un peu plus compliqué que ce qui est dit plus haut. Qui plus est, il n'est pas nécessaire d'augmenter le temps de travail de chacun pour atteindre ce résultat. En clair, je pense que François Fillon devrait modifier la présentation précitée comme il a modifié celle de la sécu : les électeurs de la primaire ne « demanderont pas à être remboursés » comme le suggère « Le Canard enchaîné ». De plus, plus tôt cette clarification interviendra, moins les vagues associées seront encore sensibles en avril 2017.

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