Fillon et la sécu

Publié le par Vincent Sévigné

Le cafouillage de Fillon sur la sécu est inquiétant et pourrait lui coûter fort cher.

 

Rappelons d'abord le contexte. Le projet Fillon 2017 est accessible et téléchargeable sur la toile. Il est clair, bien présenté, et consistant : plus de 200 pages, denses, souvent très techniques. Le passage incriminé est le suivant :

 

« Redéfinir les rôles respectifs de l’assurance publique et de l’assurance privée, en focalisant l’assurance maladie notamment sur les affections graves ou de longue durée : le panier de soins « solidaire » ; et l’assurance complémentaire sur le reste : le panier de soins « individuel ». Le contenu de ces paniers de soins sera dynamique et pourra évoluer chaque année. Les moins favorisés ne pouvant accéder à l’assurance privée bénéficieront d’un régime spécial de couverture accrue. »

 

Les mots « notamment » et « pourra évoluer » laissent une petite marge de manœuvre. Il est tout de même surprenant qu'un sujet aussi grave et aussi sensible soit traité en dix lignes alors que le texte complet sur la santé fait entre quinze et vingt-cinq pages selon la façon de les comptabiliser.

 

Face aux critiques, la réaction du clan Fillon a été désordonnée. Jérôme Chartier lui-même, porte-parole de François Fillon, interrogé sur France Inter le lundi 12 décembre, n'a pas su comment soigner les rhumes. Il aurait pu, au minimum, dire que les antibiotiques classiques seront encore remboursés par la sécu et que le reste sera précisé ultérieurement.

 

Dans le journal Le Figaro du 13 décembre, François Fillon est monté au créneau. Son plaidoyer pour son projet global est intéressant. Ses vitupérations contre ses adversaires ne sont pas dénuées de fondement. Il est vrai que, assez souvent, la meilleure défense est l'attaque. Encore faut-il que l'on ait assuré ses arrières. Or, l'article de Fillon ne répond pas clairement à la question posée : quid de la sécu ?

 

Qui plus est, cet article met l'accent sur une technique qui a fait de terribles ravages dans le passé : pour essayer d'éteindre le feu, Fillon promet de « mieux rembourser les soins optiques et dentaires » : un abîme sans fond. En clair, une tentative avortée pour faire des économies se transforme en gouffre financier.

 

Il est vrai que le projet global de François Fillon est un monument comparé aux vides sidéraux de ceux de certains des autres candidats, Macron y compris. Encore faut-il que ce programme soit concret, réaliste, opportun et, surtout, dépourvu de failles béantes. Une feuille de route dont Fillon lui-même assure qu'elle doit être opérationnelle avant la présidentielle.

 

Selon son humeur, chacun peut penser : « il reste encore quatre mois » ou « il ne reste plus que quatre mois ».

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