Trump, Marine et les médias

Publié le par Vincent Sévigné

Attention ; le flot partisan des médias français contre Trump et Marine Le Pen a dépassé la cote d'alerte. Redisons-le, monsieur Trump a été élu démocratiquement alors qu'il avait, contre lui, l'immense majorité des puissants médias américains. Certains observateurs se demandent si ce parti pris outrancier n'a pas desservi Hillary. Or, sur ce point, le Français moyen contestataire, gaulois par essence, dont je suis, est encore plus chatouilleux que le « petit blanc » américain. Il ose croire qu'il est capable de jauger par lui-même et refuse de se laisser imposer ses choix, ni par les médias, ni par les experts hypercompétents, ni même par les princes de sa chapelle. En fait, c'est d'abord cette chape de verre que la nouvelle élection fait exploser.

 

Selon moi, le journal « La Croix » est parmi ce qu'il y a de mieux pour les articles de fond. Pour couvrir la nouvelle élection, ce quotidien a demandé le soutien de divers commentateurs qui, selon moi, ont noyé le poisson alors qu'il y a tant de choses précises et intéressantes à dire sur monsieur Trump. De même, dans son éditorial du 15 novembre, ce journal s'interroge sur le fait que monsieur Trump refuse son salaire : quand on connaît l'avidité de certains élus français qui accumulent leurs sources de revenus, cet exemple eut mérité un peu plus de considération. Par contre, il est vrai qu'il y a un risque majeur de conflit d'intérêts, mais ceci est un autre problème qui ne concerne pas directement la France. Quant à la COP22, le même journal, du 16 novembre, reconnaît qu'il est trop tôt pour savoir où ira monsieur Trump : l'exemple de Cécile Duflot au logement doit nous rappeler que, surtout en matière d'écologie, le pragmatisme vaut mieux que l'idéologie naïve.

 

Je rappelle donc à ceux qui ne le savent pas : monsieur Trump est élu. Il importe donc de bien comprendre ce que cela change pour le monde et pour la France. Tout apport constructif des médias sur ce point est le bienvenu.

 

En ce qui concerne l'équipe de Marine, c'est encore pire. Quand il est « invité », par la radio ou la télé, Florian Philippot est systématiquement interrompu et bombardé de questions oiseuses ou hors sujet. Sur ce point, il va bientôt être aussi aguerri que Marine Le Pen elle-même. Par ailleurs, certains s'interrogent sur le temps de parole de cette équipe. Soyons sérieux : il n'y a aucune commune mesure entre celui-ci et l'audience accordée à la primaire de la droite : certes, celle-ci me semble normale, et même saine, mais demander le beurre, l'argent du beurre et le sourire béat du spectateur gaulois me semble quelque peu abusif.

 

Là encore, toute étude sérieuse, partielle ou extensive, du programme de Marine Le Pen est souhaitable, même si c'est pour en souligner les insuffisances. En cette période d'épidémie, le pragmatisme de monsieur Trump peut s'avérer contagieux. La France, oui, je dis bien, la France, a tout intérêt à ce que le choix présidentiel de 2017 se fasse aussi sur des programmes crédibles, solides et cohérents.

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