La conversion du pape François

Publié le par Vincent Sévigné

Séisme de force sept en chrétienté ! Selon moi, pour la France, sinon pour l'Europe, la dernière déclaration du pape François est bien plus qu'un virage : c'est l'évènement majeur de l'année !

 

Rappelons d'abord les faits. Un peu avant la fête de tous les saints, le pape a rendu visite au peuple suédois pour apporter son soutien à un pays ouvert aux émigrés et pour manifester sa disponibilité envers les protestants luthériens. Il faut croire que ses interlocuteurs ont su trouver des arguments convaincants. Suivant un cérémonial désormais bien établi, c'est dans l'avion de retour que François a fait part de sa nouvelle exhortation, et elle est spectaculaire pour ne pas dire stupéfiante :

 

« Les gouvernants doivent être très ouverts à recevoir les migrants, mais ils doivent aussi faire des calculs sur leur accueil, parce qu'on doit non seulement accueillir un réfugié, mais l'intégrer. »

 

Certes, vu de la planète mars, ou du haut du ciel, cette « remarque » semble du simple bon sens. Mais elle contredit complètement les prêches de nos pasteurs, relayés par des mouvements d'inspiration généreuse, qui nous assurent, depuis plusieurs décennies, que l'accueil inconditionnel du pauvre et de l'étranger est un impératif prioritaire pour tout chrétien.

 

Nul doute que cette graine de sénevé semée dans la terre fertile des bonnes âmes va faire son chemin et déplacer quelques montagnes. Dans mon précédent billet, j'avais souligné l'ouverture de François envers les divorcés remariés. Mais j'avais aussi partagé l'inquiétude de Philippe de Villiers concernant certains musulmans désaxés car non intégrés. C'est peu dire que le recentrage du pape François va au-delà de mes espérances. Pour moi, comme pour Philippe, en France, en ce qui concerne l'accueil des migrants en provenance de pays musulmans, on est déjà en overdose. Le palmipède lui-même, dans son numéro de ce jour, dédié aux défunts, commence à s'ébrouer (page 4).

 

Or, il ne faut pas s'y tromper, dans le monde d'aujourd'hui, en manque d'identité, voire de valeurs, l'influence des cathos convaincus dépasse largement leur seul poids numérique.

 

La « remarque » précitée sera, inévitablement, une bénédiction pour Marine Le Pen : un effet collatéral qui risque fort de ne pas plaire à tout le monde.

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