Faut-il construire des murs ?

Publié le par Vincent Sévigné

Monsieur Trump est élu : il est inutile de se pincer le nez. Au contraire, il serait souhaitable que les hommes politiques et les médias français assument pleinement cette nouvelle donne, ce qui, me semble-t-il et hormis quelques exceptions, tels Marine Le Pen et Cambadélis, n'est pas encore le cas. Il est vrai que le virage est brutal : Angela Merkel elle-même a un peu de mal à assurer sa conversion. Le temps de la naïveté, fût-elle fort sympathique, est révolu : Barak Obama l'a bien compris.

 

Une première conséquence est d'obliger chacun à se positionner par rapport aux propositions de monsieur Trump. Ce qui est intéressant, et assez nouveau, c'est qu'il ne s'agit pas d'options théoriques mais de choix très concrets.

 

Faut-il construire un mur entre le Mexique et les Etats-Unis ? Mon propos, comme en ce qui concernait l'élection passée, n'est pas de donner le moindre conseil aux Américains : ils savent mieux que moi ce qui convient à l'Amérique. Par contre, s'interroger sur cette situation peut aider à y voir plus clair à notre porte.

 

Ce mur existe déjà : monsieur Trump le sait mieux que quiconque mais son expérience médiatique lui a appris à utiliser des formules chocs. La question est donc de savoir s'il faut renforcer l'étanchéité de cette frontière.

 

Tout d'abord, est-ce techniquement possible ? Faut-il rappeler que, vers la fin de la guerre d'Algérie, l'armée française avait mis en place des barrages entre l'Algérie d'une part et le Maroc et la Tunisie d'autre part. Personne n'a contesté leur redoutable efficacité : l'Algérie elle-même a jugé historiquement utile de leur consacrer un « mini-musée ». Il est vrai que l'Amérique du Nord n'est pas en guerre mais les moyens militaires, financiers et technologiques des Etats-Unis d'aujourd'hui sont sans commune mesure avec ceux de la France de l'époque.

 

La question posée est donc essentiellement d'ordre idéologique. Difficile de contester les ravages « moraux » dus au régime des passeurs : ceux-ci apprennent à rançonner les plus pauvres. Il s'instaure une spirale qui les entraîne jusqu'à torturer ou mutiler leurs victimes. Les condamner ne sert à rien car ils sont eux-mêmes des pauvres qui essaient de survivre. L'abcès ainsi créé est une catastrophe pour le Mexique car il pollue toute une région.

 

Alors, faut-il construire des murs ? Ou faut-il construire un « pont » au-dessus de la Méditerranée ? C'est une bonne question. On en reparlera.

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