Trump ou Clinton ?

Publié le par Vincent Sévigné

Pour la grande majorité des médias français, la préférence est affichée. Hillary est intelligente, compétente, bien entourée : avec elle, on sait où l'on va. Même l'adjectif « calculatrice » peut être un atout dans les combats géopolitiques. Tout au plus lui reconnaît-on un léger manque de chaleur.

Donald, au contraire, est imprévisible, inexpérimenté, versatile, voire même xénophobe. D'ailleurs, ce sont les « (sales) petits blancs » qui constituent l'essentiel de son électorat. Bref, seule l'inconséquence peut expliquer les hésitations de votre espérance, si hésitations il y a.

Je dois avouer que cette quasi unanimité me laisse perplexe. A ce jour, les sondages se resserrent : les habitants des Etats-Unis seraient-ils débiles au point que presque la moitié d'entre eux se laissent berner par un candidat de pacotille ? Je me permets d'ajouter une remarque anecdotique : ce sont les « petits blancs » qui ont construit le « miracle » des Etats-Unis d'Amérique. Ce ne fut pas toujours parfait, mais est-ce que ce fut pire que dans le reste du monde ?

Sur le fond, qu'est-ce que j'en pense ? La France aux Français ! Mais si, c'est une réponse ! Car cela implique l'Amérique aux Américains ! J'ai la naïveté de croire que les habitants des Etats-Unis sont les mieux placés pour bien choisir leur futur leader.

Quant aux retombées sur les guerres dans le monde, je dois avouer que la politique Obama-Clinton ne m'a pas convaincu. Poutine massacre Alep et Obama laisse faire. Erdogan accentue sa dérive dictatoriale et Obama le garde comme pièce maîtresse de sa politique au Moyen-Orient. C'est la France, presque seule, qui a dû intervenir au Mali.

En ce qui concerne le commerce international, ce n'est pas mieux. Il est clair pour tous que Obama souhaiterait la signature d'un accord de libre échange transatlantique. Je suis résolument contre ; l'Europe deviendrait la vassale des Etats-Unis, et donc de la finance internationale. Eh oui, sur ce point, précis mais d'envergure, l'isolationnisme de Trump me semble moins inquiétant pour la France, même si Trump peut apparaître plus « capitaliste » que sa rivale.

Alors, Donald ou Hillary ? Essayons plutôt d'étudier sérieusement les programmes de nos candidats et de leur demander les aménagements nécessaires. Sinon, c'est nous qui serons déçus, avant même la fin de 2017.

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