Argent et démocratie

Publié le par Vincent Sévigné

Vous ne pouvez pas servir à la fois l'argent et la démocratie. « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra le premier et aimera le second ; ou bien il s'attachera au premier et méprisera le second. » Cette parole est plus que jamais d'actualité.

Les observateurs sérieux constatent que la corruption est le fléau majeur de presque tous les pays dits « en voie de développement ». Certains Ukrainiens de l'est préfèrent la Russie par rejet de la corruption.

Dans les instances européennes, José Manuel Barroso, ex-président de la Commission européenne, est devenu conseiller de la sulfureuse agence Goldman Sachs ; Neelie Kroes, ex-commissaire européenne, dirigeait en secret une société dans un paradis fiscal ; ces éruptions, apparemment isolées, sont révélatrices de l'enfer des magouillages qui couve sous la banquise.

L'élection du Président des Etats-Unis, la « démocratie » la plus puissante du monde, engage des dépenses vertigineuses ; on compte en centaines de millions de dollars.

Les réseaux sociaux appartiennent aux puissances de l'argent. Si une Révolution éclate, les twitter et autres facebook peuvent, en l'instant, bloquer les comptes de tous les contestataires qui refusent d'adorer Mammon, le dieu de la finance.

On dit même que Marine Le Pen, qui peut espérer, dès le premier tour, au moins un cinquième des électeurs, n'arrive pas à emprunter quelques millions d'euros dont il est presque certain qu'ils seront remboursés. Si tel était le cas et quoi que l'on puisse penser de madame Le Pen, ce serait un scandaleux déni de démocratie.

Ceci dit, je crois assez peu à ce scénario. Si c'était nécessaire, Marine pourrait lancer une souscription avec promesse de remboursement si elle dépasse la barre fatidique des 5% ; avec, éventuellement, une réserve de dix euros par prêt pour frais de gestion. Rien n'est plus efficace pour fidéliser un électorat.

Mais il y a plus grave : les élus, en France et à tous les niveaux, ont considérablement augmenté leur rémunération, leurs avantages en nature, leurs leviers financiers, à travers leurs collaborateurs ou leurs soutiens à des associations diverses. La nature humaine étant ce qu'elle est, du clientélisme à la corruption, la planche est savonneuse, ce qui nous ramène au point de départ, un fléau mondial majeur.

A ce jour, et sauf erreur de ma part, aucun éventuel candidat à la Présidence de la République française ne propose de taxer les profits des multinationales et ne s'inquiète des progrès de la corruption.

L'argent doit être au service de la démocratie et non la « démocratie » au service de l'argent.

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